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La haine de l'occident, Jean Ziegler
4ème de couverture
Où qu'il aille, dans l'exercice de ses fonctions internationales, Jean Ziegler est frappé par l'hostilité de principe que les peuples du Sud manifestent à l'endroit de ceux du Nord. Jusqu'à rendre parfois impossible l'adoption de certaines mesures d'urgence en faveur des plus démunis.
Dans ces conditions, localiser les racines de la haine que le Sud voue désormais à l'Occident, et réfléchir aux moyens propres à l'extirper, est devenu une question de vie ou de mort pour des millions d'hommes, de femmes et d'enfants à la surface du globe.
Comment contraindre le nouvel ordre du capitalisme mondialisé à cesser de soumettre le reste du monde à sa domination meurtrière, comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités? Comment faire en sorte qu'au Sud, l'horizon de l'état de droit ne soit pas récusé du fait des injustices qui sont commises en son nom? Dans quelles conditions le dialogue peut-il être renoué?
Des réponses sont apportées à ces questions au long d'un parcours documenté, riche en expériences du terrain - du Nigeria à la Bolivie, des salles de conférences internationales aux villages les plus déshérités de la planète -, sur un mode toujours vibrant et engagé. En forme d'hommage, si l'on veut, aux deux puissantes voix tutélaires qui hantent ce livre, celle d'Aimé Césaire et celle de Wole Soyinka.
L'avis de M. Cretton
Quand, à la page 200, le couperet de Jean Ziegler tranche: «Rarement mensonge historique a été proféré avec autant de sang-froid.», y est-on préparé? Cela pourrait dépendre de notre âge, à nous, donc de l'expérience du monde accumulée, particulièrement en Amérique latine; ou du nombre d'ouvrages de lui que nous aurions lu; ou bien seulement de la lecture des 199 pages précédentes.
La citation qui commence au bas de la page 199 est: «Qu'a signifié l'acceptation de la foi chrétienne par les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes? Pour eux, cela a signifié connaître et accepter le Christ, ce Dieu inconnu que leurs ancêtres, sans le réaliser, rechercheraient dans leurs riches traditions religieuses. Le Christ était le Sauveur qu'ils désiraient silencieusement.»
De quelle langue a été traduite cette citation en français dans Le Monde du 15 mai 2007? L'espagnol d'Ignacio Bernal, l'anglais de J. Eric S. Thompson, ou le latin de Bartolomé de Las Casas? Nem um nem o outro! En effet, c'est le pape qui interroge: «Silhouette frêle... voix chevrotante... Benoît XVI s'adresse aux milliers de croyants... cardinaux, archevêques et évêques réunis en ce dimanche 13 mai 2007.»
Où sont-ils? «Dans l'immense basilique d'Aparecida, située à mi-chemin entre Rio de Janeiro et São Paulo...» Rien à voir, apparemment, avec les «célébrations» du cinquième centenaire de la «découverte» de l'Amérique de Christophe Colomb, qui fit couler un peu d'encre aux USA, en 1992.
Cependant, le couperet n'est pas simple image rhétorique. Ailleurs et en d'autres temps le symbole est celui de La Faucheuse. L'auteur de La Haine de l'Occident dénonce une situation dont, de par son dernier métier, il a pu vérifier sinon l'exactitude, du moins la verisimilitude: «Le Conseil économique et social de l'ONU siège chaque année alternativement à New York ou à Genève. (...) Il ressort de l'abondante documentation dont il a été saisi en 2007 que, cette année-là, 36 millions de personnes sont mortes de la faim ou de ses suites immédiates...»
Note de Piotr4
Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas les personnages cités plus haut, il est intéressant d'aller faire un tour sur wikipédia pour se faire une petite idée. Voici les liens: Bartolomé de las Casas, John Eric Thompson, Ignacio Bernal.
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