Carnet de notes

Je voudrais avoir le pouvoir de me transformer en herbe sauvage pour grandir librement.
La Zingarina , Sandra Jayat

 

 

 

 

 

 

 

 

Je me demandais si c'était ainsi que naissait le pardon - non en fanfare à l'occasion d'une épiphanie - mais à partir du moment où la douleur rassemblait ses affaires et pliait discrètement bagage au milieu de la nuit.

Les cerfs-volants de Kaboul , Khaled Hosseini

 

 

Quand un homme vient voir une inconnue, c'est pour lui dire de jolies choses. Existe-t-il ce kamikaze masculin qui arrêterait une femme pour asséner : "Comment faites-vous pour porter ces chaussures ? Vos orteils sont comme dans un goulag. C'est une honte, vous êtes la Staline de vos pieds!".

La délicatesse , David Foenkinos

 

 

"Il y a partout, mélangées aux particules de l'air que nous respirons, des particules d'amour errant. Parfois elles se condensent et nous tombent en pluie sur la tête. Parfois non. C'est aussi peu dépendant de notre volonté qu'une averse de printemps. Tout ce qu'on peut faire, c'est de rester le moins souvent à l'abri."
La folle allure, Christian Bobin

 

 

Tu comprends, aujourd'hui, je suis prête à t'avoir. (...) Au début, j'avais peur de toi. A présent, c'est tout mon être qui te désire; (...) Tu es le centre de mes pensées. Je suis tournée vers l'intérieur, comme un bouton de fleur dont le parfum et la couleur sont enfermés en lui jusqu'à la floraison. Il n'y a pas une seconde où je ne pense à toi.

 

Cher inconnu, Berlie Doherty

 

Tu viens d'incendier la bibliothèque?

- Oui.

J'ai mis le feu là.

-Mais c'est un crime inouï!

Crime commis par toi-même contre toi-même, infâme!

Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme!

C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler!

Ce que ta rage impie et folle ose brûler,

C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage!

Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.

Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.

Une bibliothèque est un acte de foi

Des générations ténébreuses encore

Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.

Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,

Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,

Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,

Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,

Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,

Dans ce qui commença pour ne jamais finir,

Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,

Dans le divin monceau des Eschyles terribles,

Des Homères, des Jobs, debout sur l'horizon,

Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,

Tu jettes, misérable, une torche enflammée!

De tout l'esprit humain tu fais de la fumée!

As-tu donc oublié que ton libérateur,

C'est le livre? Le livre est là sur la hauteur;

Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,

Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine;

Il parle; plus d'esclave et plus de paria.

Ouvre un livre, Platon, Milton, Beccaria.

Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille;

L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille;

Ebloui, tu te sens le même homme qu'eux tous;

Tu deviens en lisant grave, pensif et doux;

Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître;

Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître;

A mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,

Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant;

Ton âme interrogée est prête à leur répondre;

Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,

Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,

Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs!

Car la science en l'homme arrive la première.

Puis vient la liberté. Toute cette lumière,

C'est à toi, comprends donc, et c'est toi qui l'éteins!

Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.

Le livre en ta pensée entre, il défait en elle

Les liens que l'erreur à la vérité mêle,

Car toute conscience est un noeud gordien.

Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.

Ta haine, il la guérit; ta démence, il te l'ôte.

Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute!

Le livre est ta richesse, à toi! c'est le savoir,

Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,

Le progrès, la raison dissipant tout délire.

Et tu détruis cela, toi!

- Je ne sais pas lire.

 

Victor Hugo

L'Année terrible, 1872

 

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Le Paradis est peut-être ici!

Nous vivons peut-être au Paradis en ce moment!

Et nous sommes peut-être les anges!

 

Je m'appelle Mina

David Almond

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